ÉDITION 2006
LA COURSE EN DIRECT
Par Léos Maere
Etape 1 : Valencia - Sagunto
: 62 km
Ils étaient
tous là, ce matin à Valencia pour le départ
de la quatrième édition du Raid Montpellier Valencia.
Ce sont cette année 21 coureurs, originaires de 5 pays
différents, qui sont venus se confronter sur les côtes
franco-espagnoles. Le départ est donné après
une longue attente à la résidence enfantine de l'hôpital "La
Fe", en compagnie d'enfants malades, ainsi que Madame la
Consul de France à Valencia, venue souligner l'aspect caritatif
de ce raid.
Pendant
3 kilomètres, les coureurs escortés de policiers
quittent la ville de Valencia, avant d'être "libérés" et
de pouvoir continuer à leur rythme. Cette étape
de 62 km, a secoué les organismes notamment à cause
d'un soleil accablant. "Il fait une chaleur de dingue" confirme
Sébastien Chaigneau, le vainqueur de l'étape.
Cependant,
le profil de l'étape, qui était plat dans sa première
partie puis ensuite vallonné, n'a pas cr éé d'énormes écarts
chez les premiers.
C'est
Sébastien Chaigneau qui remporte cette étape en
5h55, devant Eusébio Bochons en 6h02. Bernard Constant
complète le podium en 6h05. Trois hommes qui se tiennent
en 10 minutes, cela promet du spectacle et de la bagarre pour
les prochaines étapes. Derrière, la course a fait
plus de dégats et les écarts sont bien plus importants.
Mais
la motivation des coureurs reste intacte, et les prochains jours
de course risquent de modifier la donne.
Etape
2 : Benicassin - Peniscola : 62,5 km
Dès
le départ, le leader du raid Sébastien Chaigneau
prend les commandes, et seuls Bernard Constant et Eusébio
Bochons lui emboîtent le pas.
Après
une première moitié d'étape sans difficulté majeure,
les affaires se corsent par la suite. En effet, les coureurs empruntent
une piste escarpée pendant laquelle Sébastien Chaigneau
se blesse, ce qui nécessite un repos prolongé au
CP3 (il terminera à plus de 2h30 du vainqueur).
Par
contre, Eusébio est sur son domaine de prédilection.
Il remporte l'étape en réalisant une superbe course, à plus
de 12 km/h de moyenne.
Suite à la
blessure de Sébastien, seul Bernard Constant semble en
mesure de pouvoir suivre Eusébio, mais n'oubliez pas que
la route reste longue...
Etape
3 : Tortossa - L'Ametlla del Mar : 59 km
C'est
une étape montagneuse qui attend aujourd'hui les vingt
courageux coureurs. De Tortossa à l'Ametlla del Mar, ils
peuvent admirer une nouvelle fois un superbe paysage lorsqu'ils
traversent deux parcs d'éoliennes dans les montagnes.
Contrairement à ce
que l'on pouvait attendre, les montées successives en montagne
ne se sont pas avérées si difficiles pour la plupart
des coureurs.
Mais,
c'est bien connu, après une montée, il y a une descente.
Des
descentes caillouteuses et difficiles à dévaler à cause
d'un fort pourcentage. « Ce sont les descentes qui m'ont
cassées » dit Eusébio à l'arrivée.
Cependant, cet avis n'était pas partagé par tout
le monde : « Je me suis régalé dans la descente » avoue
Stéphane Halbaut, véritable spécialiste des
descentes techniques. Ce dernier terminera l'étape à la
cinquième place, ce qui fait de lui un outsider alors qu'il
avait jaugé ses concurrents lors de la première étape.
Malheureusement,
on ne retrouvait pas cet enthousiasme chez Michael Alcaïde. « Je
me suis tapé trois kilomètres de descente à reculons
pour ne pas avoir mal » dit-il au CP4 avant de se faire
soigner son pied.
Comme
la veille, c'est Eusébio qui s'impose en réalisant
les 59 kilomètres en 5h37.
Il
semble ne pas vouloir lâcher les commandes du raid qu'il
contrôle parfaitement jusqu'à présent, mais
rien n'est joué dans une course où la régularité est
le mot d'ordre.
Ci-joint
le classement à télécharger de cette troisième étape
: ClassementEtape3.pdf
Etape
4 : Tarragona - Sitges : 61,5 km
Les
journées se suivent mais ne se ressemblent pas. Aujourd&Mac226;hui,
les nuages occupent tout le ciel, et un air de tempête survole
l'ensemble du parcours.
Au
départ à Tarragone on déplore deux non-partants.
Thierry Orlhac victime d'une infection au pied, et Ernesto Blasberg,
qui s'était retiré de la course hier pour une blessure
au genou, jettent l'éponge. Autre changement par rapport à hier,
le parcours du jour est presque entièrement plat. Paséo
et plage sont au menu des coureurs, mais l'arrivée se situe
tout de même en haut d'une côte.
Et
lors de la course, premier rebondissement : Eusébio passe
au CP3 en deuxième position ! C'est en effet Bernard Constant,
son plus sérieux concurrent qui passe en tête, mais
Eusébio ainsi que Sébastien limitent la casse en
arrivant deux minutes après lui.
Peu
après eux, Stéphane et Frédéric arrivent à leurs
tours, suivis de Sylvain qui a eu des difficultés dans
les nombreux paséos : « c'est super dur mentalement
dans les paséos » déclare-t-il, lui qui défend
une troisième place au classement général.
Mais
par la suite, le vent devient de plus en plus violent et la pluie
fait son apparition. Yann Fassel arrive dépité au
ravitaillement : « il n'y a vraiment aucun plaisir à courir
aujourd'hui ».
Pour
Thierry Orlhac, le temps exécrable a été la
goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Déjà blessé au
pied, il abandonne au CP2.
Il
faut aussi souligner la performance de Muriel Batifoulier qui
réalise une course impressionnante en faisant jeu égal
avec des hommes.
Le
vainqueur de cette étape est Sébatien Chaigneau,
qui après avoir distancé Eusébio, a déposé Bernard
Constant dans la toute dernière côte.
Comme
le prouve la fin de cette étape, ce Raid peut être
le théatre de nombreux rebondissements.
Ci-joint
le classement à télécharger de cette quatrième étape
: ClassementEtape4.pdf
Etape
5 : Blanes - Palamos : 65 km
Ce
matin à Blanes , les coureurs sont à la moitié du
raid. Et c'est une étape particulièrement difficile
qui se profile aujourd'hui à travers la magnifique Costa
Brava. La montagne est omniprésente durant l'étape,
cependant l'ambiance au départ est à la bonne humeur.
De plus, la présence de la caméra de France 3 Sud
donne des idées à l'italien Duilio Tacconi qui prend
un départ canon pour espérer passer à la
télé.
Comment
parler de Duilio Tacconi sans évoquer Jaime Teres Costa.
Ce duo de charmeurs italo-espagnol est tout simplement inséparable
depuis le début de l'aventure. Ils ont toujours fini les étapes
ensemble et s'entraident merveilleusement bien. En plus, Jaime
est chez lui aujourd'hui, sur ses routes d'entraînements,
lui qui habite à Sabadéic près de Barcelone.
Parmi
les autres "couples" du Raid, il y a aussi le duo Stèphane
Halbaut-Frédéric Saint Cricq; le péroliens
et le toulousain. Ces deux là sont deux sérieux
prétendants au podium, puisqu'ils sont respectivement quatrième
et cinquième au classement général.
Et
enfin, il y a le couple charismatique composé de Antoine
Zandona et Nathalie Lamoureux.Chaque jour, ils parviennent à oublier
la durée des étapes par la rigolade et la gaïeté.
Mais malheuresement, Antoine abondonne aujoud'hui au CP2 à cause
d'une douleur récurrente à la cheville.
La
détresse d'Antoine contraste avec la bonne humeur de Sébastien
lorsqu'il est passé en tête au CP2 : « Là,
c'est du pur plaisir » disait-il.
Quarante
minutes après son passage, un étonnant groupe de
huit coureurs composé notamment de Sylvain Ratia, Laurent
Burgat ou encore Robert Miorin passait à son tour. Robert
Miorin, toujours régulier depuis le début du raid
disait lui aussi « plus les jours passent, mieux je me sens ».
Puis
ensuite un second peloton est arrivé plus de deux heures
après Sébastien. Michael, Muriel, Ernesto, l'anglais
Luke et Daniel Muller, déja là l'an passé pouvaient
enfin se ravitailler.
Logiquement,
c'est Sébastien qui remporte cette étape en réalisant
un numéro solitaire époustouflant.
A
trois jours de l'arrivée, la fatigue accumulée commence à apparaître
chez les coureurs, ce qui peut favoriser des surprises.
Ci-joint
le classement à télécharger de cette cinquième étape
: ClassementEtape5.pdf
Etape
6 : Figueras - Le Boulou : 75 km
La
voici enfin l'étape très redoutée des Pyrénées.
Elle faisait peur, et elle a tenue toutes ses promesses. Les 75
Kms du jour, qui font de cette étape la plus longue du
Raid, ont vu des coureurs sombrer au classement général,
et d'autres remonter.
Dans
cette dernière catégorie de coureurs, on trouve
Laurent Burgat, qui au prix d'un bel effort termine septième
de l'étape (8h31), et du même coup il arrive à la
huitième place du général au dépend
de Duilio Tacconi et Jaime.
Sébastien
lui n'en finit plus de gagner. Il remporte sa quatrième étape
en six jours, et se rapproche dangereusement de la seconde place
au général. Ses aptitudes exceptionnelles en montagne
lui auront permis d'effectuer un très beau rapprocher au
général, lui qui était septième après
la seconde étape et qui se retrouve à une heure
de la seconde place ce soir.
Dans
le camp des désillusions, Sylvain Ratia blessé,
a connu une journée noire et termine neuvième de
l'étape. Au général, il rétrograde
de la quatrième à la sixième place.
Déception
aussi pour Duilio Tacconi qui finit dans les profondeurs du classement
de l'étape, à la dernière place, accompagné de
Muriel Batifoulier qui souffre, mais est toujours sur le point
d'accomplir son objectif : « finir ce raid ».
Nathalie
Lamoureux n'a pas pu réaliser cet objectif. Elle a terminé hors
délai hier, mais le mérite d'avoir couru plus de
200 Kms est immense. De même pour Michael Alcaïde contraint à l'abandon
aujourd'hui pour blessure.
L'arrivée
finale se rapproche et Bernard Constant est de mieux en mieux
installé sur son fauteuil de leader; il possède
dorénavant 41 minutes d'avances sur Eusébio.
Sébastien
et Eusébio parviendront-ils à inverser la tendance
? Réponse dans deux jours...
Ci-joint
le classement à télécharger de cette sixième étape
: ClassementEtape6.pdf
Etape
7 : La Franqui - Valras Plage : 68 km
Cela
devient de plus en plus difficile pour les coureurs ! La fatigue
accumulée et les 400 kilomètres dans les jambes
s'avèrent fatals pour la majorité de ceux-ci.
Si
Bernard Constant et Sébastien Chaigneau, vainqueurs ex-aequo
de l'étape semblent les plus frais, derrière, d'énormes écarts
se créent. Le troisième de l'étape du jour
est Jaime Teres Costa qui termine à près d'une heure
des vainqueurs ! Cette troisième place lui permet de rattraper
Laurent Burgat et de le devancer au classement général.
Mais la lutte va être acharnée entre ces deux là tant
l'écart est mince au classement général.
En effet, Jaime est huitième en 52h16, et Laurent est neuvième
en 52h19!! Trois minutes les séparent seulement, alors
qu'il reste la dernière étape.
Les
régionaux de cette septième étape sont le
Narbonnais Daniel Muller - qui comme l'année dernière
réalise une course parfaitement gérée - Sylvain
Ratia, et bien sur Laurent Burgat qui passait au cours de cette étape à 900
mètres de sa maison.
Etonnamment,
la majeure partie des coureurs a trouvé cette étape
la plus dure du Raid. Mais c'est surtout le moral des coureurs
qui a été atteint, à cause des nombreuses
lignes droites dont on ne voyait pas la fin. Notamment pour Yann
Fassel, dixième de l'étape, qui a le moral complètement à plat.
L'anglais Luke Cunliffe, a lui aussi de plus en plus de mal à terminer
dans les délais, et la pluie qui l'a poursuivi en fin de
parcours n'a pas arrangé les choses.
A
moins d'une énorme surprise, Bernard Constant devrait remporter
la quatrième édition du Raid Montpellier Valencia,
mais c'est surtout pour les places d'honneur que tout reste à jouer.
Ci-joint
le classement à télécharger de cette septième étape
: ClassementEtape7.pdf
Etape
8 : Frontignan - Montpellier : 42 km
C'est
la dernière ligne droite, la dernière étape,
les dernières souffrances aussi. Ils ne sont plus que quatorze
ce matin encore en lice, six coureurs ont été contraints à l'abandon
ou sont arrivés hors délai.
Un
air de fête souffle aussi sur cette dernière étape.
En effet, c'est aujourd'hui le 7 mai, jour anniversaire de Sylvain
Ratia. Et pour fêter ce joyeux événement,
il va se passer quelque chose d'extraordinaire qui n'était
pas encore arrivé sur cette course. Les treize coureurs
vont courir au rythme de sylvain qui, à cause d'une blessure
ne peut que marcher. Cette solidarité exceptionnelle obligera
les organisateurs à arrêter la course au CP2 après
une trentaine de kilomètres, pour des questions de délai.
Tous les coureurs seront donc crédités du même
temps : 3h22.
L'arrivée
officielle du raid se fait, elle, à Montpellier sur la
place de la Comédie dans une ambiance incroyablement festive.
Chaque coureur est arrivé avec un enfant malade pour l'association
Espoir pour un Enfant. L'annonce du classement et la remise des
médailles se fait sous un orchestre assourdissant.
Le
grand vainqueur de ce Raid est Bernard Constant, toujours constant
durant la course (excusez le jeu de mot) qui a couvert les 500
Km en 48h13.
Je
souligne l'effort exceptionnel des 20 participants du départ,
car ils ont le courage et le mérite d'être allés
au bout d'eux-mêmes !!
A
l'année prochaine...
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